Les mamelles de la France: Agriculture et Territoire
Fiche technique
Résumé
Au sein de notre civilisation industrielle, souvent qualifiée de développée, de nature machiste et technocratique, le secteur agricole, à l'image de la femme, se trouve sous protection, domination et est sujet à une forte mythification. La question se pose : faut-il transformer l'agriculture afin de modifier la société, ou le contraire ? L'agriculture ne s'insère que partiellement dans une économie axée sur le profit, le labeur aliénant, le divertissement dirigé et l'endoctrinement. Cependant, son intégration insuffisante lui confère une capacité unique à inspirer la réflexion, le discernement, la recherche, et potentiellement à concevoir des structures sociétales inédites. Abondante en visions utopiques, en perspectives dissidentes, en pratiques païennes et foisonnant d'initiatives novatrices, elle peut accompagner ceux qui s'engagent dans les discussions cruciales de demain, afin d'ériger, face à une société rigide, déshumanisante et oppressive, un collectif plus « doux », respectueux de l'environnement et autogestionnaire. Le domaine rural représente l'épicentre d'une confrontation entre la puissance globale, urbaine, industrielle et prédatrice, d'une part, et les communautés locales, souvent rurales et marginalisées, d'autre part. La transformation post-industrielle débute par la récupération de l'autorité décisionnelle concernant les terres agricoles. Cette souveraineté, actuellement détenue par les acteurs commerciaux ou l'État hégémonique, devrait idéalement revenir aux agriculteurs, structurés en entités mutualistes, pour une gestion autonome de leurs sols.