Le grand métier : Journal d’un capitaine de pêche de Fécamp
Fiche technique
Résumé
Ce livre est la mémoire vivante d'une des professions les plus difficiles, exercée dans les eaux glacées de l'Arctique, englobant Terre-Neuve, le Groenland, l'île aux Ours et la mer de Barents. Il narre, avec une précision remarquable, l'existence quotidienne à bord d'un chalutier, animée par une équipe soudée de marins volontaires, particulièrement endurcis par leur origine normande et leur mode de rémunération à la part. En le confrontant à l'œuvre d'antan "Pêcheurs d'Islande", on perçoit l'évolution majeure des pratiques. "Le Grand Métier" se distingue au sein de la collection "Terre Humaine", dont la mission est de donner la parole aux individus du peuple, ceux qui ne s'expriment pas habituellement. L'originalité de cet ouvrage réside dans le fait que Jean Recher, lui-même marin de lignée familiale, a choisi de rédiger ce témoignage sans intermédiaire, malgré les défis. L'ouvrage fait date en détaillant la place prépondérante de la morue, véritable "Moby Dick" des pêcheurs, appréciée lorsqu'elle offre de riches prises, détestée quand elle se dérobe. L'auteur saisit l'essence de la relation des marins avec la mer, illustrée par le récit poignant d'une pêche en tempête, où les termes maritimes, parfois obscurs, résonnent comme une mélodie ancestrale, aussi mouvante que les flots. Ce document irremplaçable offre également une dimension politique, pointant du doigt les défaillances des autorités face à la crise profonde de la grande pêche française, qui a vu Fécamp, cité de tradition maritime quatre fois centenaire, désarmer ses navires. Jean Recher, dernier capitaine du chalutier "Vikings", l'a lui-même mené en Norvège pour sa vente, et se retrouve aujourd'hui, comme un grand nombre de ses compatriotes, sans emploi.