Écrire le viol
Fiche technique
Résumé
Est-il véritablement possible de traiter le viol comme une matière artistique ? Comment l'art peut-il explorer ou exprimer une telle thématique ? La représentation littéraire de cette violence met en lumière que cet acte est loin d'être un simple échange avec autrui, n'étant en aucune façon lié à la sexualité. Il s'agit d'une agression d'une brutalité totale et non provoquée, plongeant la victime dans une réalité avec son(ses) agresseur(s) qu'elle ne peut fuir, en raison de l'incapacité à saisir ce qu'elle endure. Les récits mythologiques, parsemés de scènes de viol, viennent conforter la nature archétypale de cette violence fondamentale. L'ouvrage identifie cinq catégories : le viol comme vengeance, le viol-mutilation, le viol-domination, le viol-inceste, et le viol-blasphème. Ces formes de viols se manifestent à travers divers personnages au sein d'œuvres littéraires signées par des auteurs comme Cendrars, Le Clézio, Schnitzler, Giraudoux, Anne Hébert, Niki de Saint-Phalle, Agota Kristof, ou James Ellroy. La littérature nous invite à découvrir une dimension alternative ; et malgré l'obscurité de la monstruosité du monde qu'elle dépeint, elle affirme l'existence d'une réflexion vivante. Cette dernière prend la parole pour les victimes, exprime sa compassion, et cherche à saisir l'impardonnable, en dépit de la profanation et de la déchéance du corps. C'est une pensée qui ose faire face à la violence, avec l'objectif ultime de la maîtriser en refusant de la perpétuer.