Critiques du sport
Fiche technique
Résumé
Les Jeux Olympiques se distinguent par leur gigantisme grandissant : les villes et les États hôtes déploient leurs ressources financières et érigent, avec un soutien publicitaire considérable, de vastes infrastructures pour rassembler, à l'instar de Berlin en 1936, des foules sportives sous la surveillance d'un dispositif militaro-policier imposant. Partout dans le monde, les stades accueillent ponctuellement, lors de grandes manifestations sportives (comme le tournoi des Cinq Nations), des groupes vociférants de supporters venus afficher un nationalisme ardent. Les nations bourgeoises, de part et d'autre du Rideau de Fer, adoptent progressivement une politique nationale visant à encourager le sport chez leurs citoyens (par exemple en RDA) et s'engagent dans une compétition féroce pour les médailles, censées démontrer la supériorité de leur ordre social. Cet ensemble d'articles cherche, en examinant la nature de classe du sport à travers une perspective marxiste, à analyser l'origine et la configuration du sport contemporain, qui s'intègre au système de production capitaliste et s'étend avec l'impérialisme. L'ouvrage vise aussi à critiquer les rôles politiques et doctrinaux conservateurs du sport en tant que spectacle de masse, perçu comme un véritable opiacé pour le peuple. Enfin, il dénonce la dépersonnalisation inhérente à la pratique sportive compétitive, une puissante contrainte imposée au corps, transformé en simple instrument de manipulation technologique.