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Surveiller et punir – Naissance de la prison
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Police - justice

Surveiller et punir – Naissance de la prison

Auteur(s) : Michel Foucault

Éditeur : Éditions Gallimard

Date de parution : 1975

Fiche technique

Année d'édition : 1975
Maison d'édition : Éditions Gallimard
Écrit par : Michel Foucault
État de conservation : D'occasion

Résumé

De nos jours, nous pourrions ressentir une certaine gêne face à nos prisons. Cependant, au XIXe siècle, on était fier de ces bastions érigés en ville ou en périphérie, se réjouissant de cette nouvelle clémence qui succédait aux exécutions. On admirait cette capacité plus chrétienne à corriger les âmes et les corps. Ces murs, serrures et cellules symbolisaient une vaste entreprise d'organisation sociale. Pourquoi cette méthode singulière de l'enfermement pour la réhabilitation, consignée dans les codes modernes, s'est-elle imposée ? S'agit-il d'un vestige des cachots médiévaux ? Ou plutôt d'une nouvelle approche technologique, développée du XVIe au XIXe siècle, consistant en un ensemble de procédures pour organiser, superviser, évaluer et rendre les individus à la fois "dociles et productifs". Ce système de surveillance, d'exercices, de manœuvres, de notations, de classements et d'examens, visant à assujettir les corps et à contrôler les masses, a prospéré à travers les siècles classiques dans les hôpitaux, les armées, les écoles et les ateliers : c'est la discipline. Le XVIIIe siècle, tout en créant les libertés, a également édifié le socle profond de la société disciplinaire dans laquelle nous vivons encore. La prison doit être comprise comme un élément clé de la formation de cette société de surveillance. La justice pénale contemporaine ne se contente plus de punir les crimes ; elle vise à réinsérer les délinquants. Depuis deux siècles, elle entretient des liens étroits avec les "sciences humaines", se targuant de sa propre modération : "Je ne suis pas encore totalement juste ; un peu de patience, et vous verrez comme je deviens savante". Mais comment la psychologie, la psychiatrie et la criminologie peuvent-elles légitimer la justice actuelle, alors que leur histoire révèle une technologie politique similaire à leur propre genèse ? Sous l'étude des hommes et l'humanité des peines se révèle un investissement disciplinaire des corps, une fusion de l'assujettissement et de l'objectivation, un "pouvoir-savoir" unique. Est-il possible d'élaborer une généalogie de la morale moderne à partir d'une histoire politique des corps ?

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