Les barbelés de l’exil
Fiche technique
Résumé
Dès janvier 1933, avec l'accession d'Hitler au pouvoir en Allemagne, des milliers d'opposants sont arrêtés après l'incendie du Reichstag fin février, marquant le début d'une première vague d'émigration. La France devient une destination majeure pour ces exilés, accueillant dès 1933 des personnalités illustres comme des écrivains, artistes, scientifiques, journalistes, mais aussi ouvriers et commerçants, juifs et non-juifs. Ces derniers s'efforcent, à travers leurs publications, de révéler la réalité de l'Allemagne national-socialiste. Cependant, les espoirs suscités par le Front populaire s'estompent, laissant place à la déception et au désespoir, tandis que les gouvernements français des années 1937-1938 favorisent un rapprochement avec Hitler, culminant avec les accords de Munich. En décembre 1938, le ministre allemand des Affaires étrangères, Von Ribbentrop, est officiellement reçu à Paris, tandis que des antifascistes allemands sont assignés à résidence en province. Avec la déclaration de guerre en septembre 1939, une grande partie de ces émigrés allemands et autrichiens est internée dans des camps, certains étant classés comme « suspects » et détenus derrière des barbelés sous surveillance armée. La difficile existence de ces dizaines de milliers d'exilés allemands et autrichiens, notamment après l'annexion de l'Autriche en 1938, reste peu connue en France, contrairement aux deux Allemagnes où elle a fait l'objet de nombreuses études. Ce livre, fruit des recherches d'une équipe de germanistes et d'historiens s'appuyant sur des documents authentiques, explore le parcours collectif et individuel, souvent tragique, de ces Allemands et Autrichiens qui ont fui les camps hitlériens pour se retrouver, en 1939, internés derrière de nouveaux barbelés, cette fois en France.