Liberté sur paroles
Fiche technique
Résumé
BAS LA CENSURE. L'emprisonnement est profondément ancré dans les mentalités ; aucune faction politique, qu'elle soit de gauche, de droite ou du centre, n'en remet en question l'existence fondamentale. Certains s'inquiètent seulement de l'intervention du secteur privé dans ce qu'ils appellent, avec un certain euphémisme, un service public. D'autres, au même moment, réclament son "humanisation", nourrissant le mythe d'une "Prison Quatre Étoiles". Cependant, après deux siècles d'existence, le bilan de la prison est globalement défavorable. Le système carcéral a amplement prouvé son inefficacité, à l'instar de la peine capitale abolie.
Suite à Mai 68, des détenus se sont rassemblés pour former le Comité d'Action des Prisonniers. Leurs revendications principales incluaient l'abolition pure et simple de la prison. Ils agissaient notamment par la production et la distribution d'un journal. Cette initiative s'est déroulée de 1972 à 1980. Pour la première fois, des personnes incarcérées, qualifiées de droit commun, ont pris la parole collectivement, non seulement pour critiquer leurs conditions d'enfermement, mais aussi pour en extraire des leçons politiques.
Comment cette voix issue de l'obscurité a-t-elle pu être entendue ? Comment a-t-elle acquis sa reconnaissance ? Quel fut son message ? Qu'a-t-elle révélé ? Ce sont ces interrogations qui nous poussent à aborder les thèmes de la prison, du droit, de la législation ou de la justice, vus par les détenus, à travers les expressions du Comité d'Action des Prisonniers.