La flexibilité du travail en Europe
Fiche technique
Résumé
Au milieu des années quatre-vingt, une nouvelle orthodoxie semble prendre le dessus. D'une part, les États-Unis auraient retrouvé une croissance pérenne grâce à la flexibilité classique du marché du travail, couplée au dynamisme entrepreneurial et à la souplesse du cadre juridique. D'autre part, les nations européennes s'enfonceraient dans la crise, se dirigeant vers l'économie de l'information. La conflictualité des relations professionnelles, la rigidité du marché de l'emploi et les nombreuses interventions étatiques seraient les causes principales de cette léthargie. Ce volume vise à remettre en question ces conceptions courantes. Il résulte d'une collaboration entre économistes de la Communauté européenne, réunis au sein de la Fédération européenne de recherches économiques (FERB). Leur travail a consisté en une analyse comparative des évolutions et permanences depuis 1973 dans le contexte d'un système salarial fortement influencé par le passage à la production et la consommation de masse (le fordisme). Le lecteur découvrira, dans la première section, une analyse documentée des expériences en Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne, Italie et Irlande, où Pascal Petit met en lumière les similarités et les particularités françaises. La seconde section voit Robert Boyer proposer une synthèse des convergences et divergences au sein de la CEE, puis examiner les différentes définitions de la flexibilité, et enfin esquisser une perspective fondée sur cinq grands scénarios. Cet ouvrage est le premier à fournir une étude aussi exhaustive d'un thème très débattu, et surtout à en présenter une vision unifiée et remarquable. Il met en évidence la grande variété des manifestations concrètes de la flexibilité du travail, suggérant que l'Europe est mieux positionnée qu'on ne l'imagine pour adopter une stratégie de flexibilité proactive, alliant la modernisation des infrastructures productives et la préservation d'un vaste système de solidarité. Ce livre intéressera avant tout les décideurs politiques, ainsi que les acteurs syndicaux et patronaux du monde du travail.