Auschwitz et les nouvelles littératures allemandes
Fiche technique
Résumé
Cet ouvrage constitue une première contribution à l'histoire d'une mentalité, abordée à travers un prisme privilégié de textes. Ceux-ci représentent, selon l'auteur, le point de rencontre possible entre l'opinion publiée et l'opinion publique. Il retrace la trajectoire de l'émotion et de la réflexion engendrées par Auschwitz, son origine, et ses conséquences pour les populations germanophones. Cette évolution va des théories maximalistes de la culpabilité et des normes collectives de l'immédiate après-guerre, jusqu'à une inévitable usure émotionnelle, morale, et même sémantique. Ce processus, accéléré par la politisation des nouvelles générations dès 1968, aboutit, vers fin 1972, à une remise en question des victimes elles-mêmes. Le livre prend en considération les contextes politiques et sociologiques. Cette étude thématique cherche à analyser les perspectives nationales et les situations variées des anciens complices, des « justes », et des victimes rescapées. Les diverses composantes et la multiplicité des formes qu'a prises l'idée fixe d'Auschwitz confirment que cet essai n'est pas un réquisitoire, mais une tentative sereine et objective de démontrer que le génocide des Juifs est demeuré, jusqu'à présent, l'axe central de toute l'évolution idéologique de la seconde république allemande.