LE DON CONTRE L’UTILITÉ MÉMOIRES DE L’UTILITARISME (II)
Fiche technique
Résumé
Cet ouvrage, consacré au don contre l'utilité, explore la nature de l'utilitarisme. Il débute en contrastant la vision habituelle du platonisme, souvent perçue comme une philosophie éthérée et désincarnée, avec le réalisme attribué à l'utilitarisme. L'argument est avancé que la pensée politique de Platon, voire son ontologie, pourrait être considérée comme intrinsèquement utilitariste. À l'instar de penseurs comme J. Bentham et J. Stuart Mill, Platon aurait soutenu qu'une action est juste si elle maximise le bonheur collectif, ce bonheur étant mesurable par la prédominance des plaisirs sur les souffrances.
Cette perspective suggère que l'utilitarisme demeure une force directrice majeure de la pensée contemporaine. L'analyse s'interroge ensuite sur la relation entre l'utilitarisme éthique et philosophique, qui promeut l'altruisme, et les versions pratiques et scientifiques de l'utilitarisme, fondées sur un égoïsme généralisé. La question se pose : où situer les limites de l'utilitarisme philosophique face à sa forme vulgaire ? Le MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales), dont le nom est un tribut à Marcel Mauss et son "Essai sur le don", soutient que toute conceptualisation utilitariste, qu'elle soit ordinaire ou érudite, échoue à saisir l'essence profonde du don.
L'essai conclut en examinant la futilité d'établir des règles de justice et de moralité uniquement sur l'intérêt personnel et la coercition. Il explore l'hypothèse que la véritable motivation des luttes humaines pourrait être la quête du pouvoir d'offrir. Si l'intérêt résidait dans cette dynamique, de nombreux phénomènes complexes deviendraient intelligibles, ouvrant la voie à une réponse plausible aux interrogations éthiques fondamentales.