L’ANTISÉMITISME FRANÇAIS aujourd’hui et demain
Fiche technique
Résumé
En France, la 'question juive' refait surface. Bien que deux attentats notables (celui de la rue Copernic en 1980 et celui de la rue des Rosiers en 1982) aient capté l'attention, l'auteur soutient qu'ils sont moins révélateurs que la vague antisémite généralisée observée de la fin des années 1970 au début des années 1980. Cette recrudescence s'est manifestée par des incidents spontanés et répandus de profanations de synagogues et de cimetières juifs à travers la France entre 1975 et 1980, une fréquence comparable à celle notée en Allemagne de 1923 à 1929. Face à ces signes avant-coureurs, la communauté juive et les militants antiracistes ont adopté des approches distinctes : d'un côté, une illusion de combativité, peut-être en surestimant la capacité de résistance, et de l'autre, des systèmes sécuritaires, potentiellement en sous-estimant les dangers réels. L'auteur souligne que ces réactions ne sont pas inédites, mais qu'elles répliquent, presque mot pour mot et thème par thème, les discours et attitudes prévalant en Europe durant les années 1920 et 1930, une période qui a précédé le massacre de six millions de Juifs. La réapparition de ces indices suggère qu'une future crise antijuive pourrait être particulièrement violente ; la similitude des discours met en lumière l'impréparation de la population juive de France. Simon Epstein, né à Paris en 1947, a été une figure active du Comité de Soutien aux Juifs d'URSS en 1970 et a été élu secrétaire général du Mouvement Sioniste de France en 1972. Économiste de profession, il réside en Israël depuis 1974.