Révolution et contre-révolution en Espagne
Fiche technique
Résumé
Le texte de Felix Morrow, intitulé 'Révolution et contre-révolution en Espagne', demeure la plus fine analyse marxiste de la révolution espagnole survenue entre 1936 et 1937, ainsi que de son issue funeste. Il corrobore pleinement l'évaluation de Trotsky, qui stipulait que la tactique des staliniens et de leurs divers alliés – consistant à 'gagner la guerre d'abord, puis à achever la révolution' – ignorait la véritable lutte des classes et tentait de la remplacer par une manœuvre politique. Cette approche était vouée à l'échec, menant d'abord à l'étouffement de la révolution, puis à la défaite militaire. L'histoire n'a jamais vu un soulèvement d'une ampleur comparable à celui de l'Espagne en juillet 1936, lorsque les travailleurs ont réprimé l'insurrection militaire fasciste dans la plupart des grandes agglomérations et des régions rurales. Pourtant, la révolution n'a pas triomphé. Les masses laborieuses n'ont pas établi d'organe de pouvoir unifié et centralisé. Si l'on n'anéantit pas réellement l'appareil d'État bourgeois pour lui substituer un nouvel État ouvrier, la révolution socialiste ne peut réussir. Un tel État ouvrier exige une direction centralisée. Aujourd'hui, une nouvelle génération de révolutionnaires espagnols émerge, fruit de quinze années d'intensification des luttes menées par les ouvriers, les femmes, les étudiants et les nationalités opprimées. Cette génération s'approprie les enseignements de la guerre civile de 1936-1939. La prochaine révolution espagnole est destinée à jouer un rôle crucial dans l'avancement de la révolution en Europe de l'Ouest, un processus dont le coup d'envoi fut donné par les événements de mai 68 en France. L'auteur, un journaliste américain pour l'hebdomadaire Socialist Appeal, était un dirigeant important du Socialist Workers Party. Il fut par ailleurs l'un des dix-huit trotskystes américains emprisonnés suite au procès de la grève de Minneapolis en 1941.