LA RÉVOLUTION PAR L’ÉTAT
Fiche technique
Résumé
Cet essai explore un phénomène social spécifique aux nations d'Amérique latine, souvent masqué par les analyses courantes : l'émergence d'une nouvelle classe dirigeante. Cette classe fonde son autorité sur la fonction plutôt que sur la propriété. L'Amérique latine traverse actuellement une transformation économico-sociale qui, malgré la diversité des contextes, favorise le développement d'une catégorie de gestionnaires. L'action de cette nouvelle élite, que ce soit via des structures politiques ou des corps militaires, conduit à l'apparition d'une forme d'État inédite. Il ne s'agit plus d'un État arbitre ni d'un simple instrument aux mains des classes dominantes, mais d'un État moteur, entrepreneur et propriétaire, composé d'individus socialement liés par leurs rôles, leur conception de l'autorité et leurs privilèges. Louis Mercier-Vega, dont de nombreux écrits sont consacrés à l'Amérique latine et dont cet ouvrage est une synthèse, confronte son hypothèse à la diversité des situations, examinant Cuba, le Chili, le Pérou et le Brésil. En dénonçant les illusions et la persistance des intellectuels révolutionnaires qui, en poursuivant l'idéal d'une révolution étatique, contribuent à l'édification d'un nouveau système de pouvoir oppressif, l'auteur, soucieux de ne pas négliger la réalité émergente, offre une leçon critique essentielle. Par ailleurs, il définit la tâche primordiale des intellectuels comme celle de percevoir, anticiper et diffuser ce qu'ils découvrent, même si cela contredit les promesses de pouvoir offertes par une société.