Argentine : Généalogie de la Révolte. La société en mouvement
Fiche technique
Résumé
Aucun mouvement social n'émerge spontanément. Cet ouvrage examine les origines du slogan populaire « Que se vayan todos », lancé aussi bien à la droite qu'à la gauche. Ce cri prend racine dans la profonde transformation de la société argentine, une métamorphose imposée par les politiques néolibérales initiées sous l'impulsion du FMI, à la suite du coup d'État militaire de 1976. Les conséquences de vingt-cinq années de néolibéralisme sont évidentes : l'analphabétisme, autrefois éradiqué, a resurgi. La pauvreté, jadis circonscrite à quelques zones, touche désormais 55 % de la population (environ 17 millions), et près de 9 millions de personnes vivent dans l'indigence. Les protections sociales et sanitaires sont démantelées, les industries nationales sont réduites à leur minimum ou sous le contrôle de multinationales libres d'exploiter les ressources naturelles sans maintenance. La corruption des classes dirigeantes a atteint des niveaux comparables à ceux observés en Russie et aux États-Unis. Actuellement, le néolibéralisme est appliqué en Europe, indépendamment des gouvernements. L'exemple argentin illustre les limites de la « soumission volontaire » et du « fascisme consensuel », mais aussi l'émergence de résistances et de refus variés de la population. Ce mouvement profond a bousculé et discrédité les classes dominantes en ce mémorable décembre 2001. Raúl Zibechi a reçu le premier prix de Prensa Latina en 2003 pour ses analyses sur l'Argentine. Il est collaborateur de l'hebdomadaire uruguayen Brecha et enseignant-chercheur à la Multiversidad Franciscana de América Latina, tout en s'engageant activement dans des actions militantes de quartier.