CULTURE D’EXIL : Espagnols dans le Sud-Ouest 1939 – 1975
Fiche technique
Résumé
À la suite de la guerre civile, un demi-million d'Espagnols traversèrent les Pyrénées, cherchant refuge en France. Après avoir été internés dans des camps de concentration, et confrontés à la défaite, au froid et à la faim, ils découvrirent un profond soutien dans la culture et l'éducation, des éléments essentiels pour leur émancipation. L'année 1945 ne mit pas un terme à leur exil. Au contraire, les réfugiés de 1939 s'intégrèrent progressivement, volontairement ou non, comme des immigrés permanents. Leur aspiration constante était de raviver leur culture d'origine tout en s'appropriant celle de leur nouvelle patrie. Entre 1946 et 1960, pour maintenir les liens, ils organisèrent de nombreuses fêtes, « giras » et rassemblements, que ce soit les week-ends ou durant les congés. C'est là que jeunes et moins jeunes retrouvaient le théâtre, les chansons et les divertissements hérités de leur pays d'origine. La majorité de ces immigrants étaient des militants politiques qui ont fortement marqué le sud-ouest de la France. À Toulouse, leur impact fut considérable. Les communistes fondèrent l'hôpital Varsovie ; les républicains, socialistes et anarchistes, davantage engagés culturellement, renouèrent avec les traditions espagnoles qui dataient du XIXe siècle. Des conférences, discussions et lectures réunissaient les anciens militants et leurs descendants scolarisés en France. Une entraide intergénérationnelle se bâtit grâce à ces activités. Les meetings et rassemblements contre le régime franquiste conférèrent une forte dimension politique à cette communauté et, par extension, à la ville entière. Cette culture de l'exil devint le terreau où l'amertume de la défaite trouva un apaisement, où la mélancolie du passé put s'exprimer ; elle fut également le lieu où se régénérèrent les mouvements de résistance et l'espoir d'un retour en Espagne.