FORTUNES DE MER : Lignes maritimes à grande vitesse : les illusions bleues d’un « capitalisme vert »
Fiche technique
Résumé
Plus de quatre-vingt-dix pour cent du trafic mondial de marchandises s’effectue sur les mers. À l’heure où les marchés verts sont caressés par un espoir de croissance, les capitalistes perçoivent l’espace maritime comme leur nouvel alibi écologique. En Europe, l’engorgement des voies rapides a ralenti le flux de marchandises, et a englouti une partie de la plus-value. Les couloirs à grande vitesse ne suffiront pas à combler ce manque à gagner. D’autant plus que les populations des régions impactées, comme les salariés impliqués, ont déjà saisi l’imposture. De multiples actions de résistance se font jour face à ces tracés, qu’ils soient hypothétiques ou avérés. C’est donc en mer, redevenue un territoire à conquérir, que se tournent aujourd’hui les instances de l’Union européenne. La commission de Bruxelles présente les autoroutes de la mer et d’autres bateaux à grande vitesse comme les prochains outils d’un « transport écologique au service du développement durable ». Mais, au-delà des annonces qui dissimulent en réalité ces projets auxquels adhèrent avec enthousiasme nombre d’écologistes particuliers ? Ce texte cherche à comprendre, en montrant du doigt quelques-unes des fausses alternatives et des réelles illusions particulières à la période actuelle.