Genet à Chatila – Les Palestiniens de Jean Genet
Fiche technique
Résumé
En septembre 1982, Jean Genet est présent à Beyrouth lors des massacres survenus dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila. Profondément affecté, il rédige alors Quatre Heures à Chatila. Ce texte, d'une force singulière, redécouvert grâce à la mise en scène d'Alain Milianti au Volcan du Havre, constitue le cœur de cet ouvrage. Il est essentiel que l'expression 'période palestinienne', appliquée à Genet, soit perçue de la même manière que l'on évoque la 'période bleue' pour Picasso. La quête esthétique et l'action politique étant inséparables, il devient complexe de distinguer si c'est Genet qui a dépeint les Palestiniens, ou si ce sont les Palestiniens qui l'ont dépeint. Les écrits inclus dans ce volume évoquent à plusieurs reprises la trahison fondamentale que Genet esquisse dans Un Captif amoureux : la révolution palestinienne et l'expérience de Chatila n'auraient servi qu'à modeler sa propre existence, une existence tissée entre les lignes que les cadavres étirés dessinent. Cependant, cette 'trahison' est le contraire de la lâcheté. En utilisant le terme 'palestinien' et en en faisant le thème de son ultime ouvrage, le poète a tout risqué, y compris la mort symbolique de l'écrivain non écouté, car étiqueté partisan. Un péril crucial pour une œuvre, un danger que Genet, plus que tout autre, affronte encore. Ce livre, issu de la rencontre entre un texte et une représentation théâtrale, en témoigne. Ce recueil comprend des écrits de Tahar Ben Jelloun, Georges Banu, Albert Dichy, Alain Milianti, François Regnault, Leila Shahid, ainsi qu'un 'document' inédit et redécouvert de Jean Genet, traduit de l'anglais.