La crise de l’institution judiciaire
Fiche technique
Résumé
Ce volume propose une théorisation, une tentative de clarification, constituant un bilan de la situation. L'ouvrage s'interroge sur l'existence d'une cohérence unique entre les événements survenus de mai-juin 1968, avec la création du Mouvement d'Action Judiciaire et du Syndicat de la Magistrature, jusqu'à l'affaire Chapron, en incluant les insurrections carcérales. S'agit-il d'une machination ourdie par des magistrats 'rouges' ou d'une manipulation des détenus par des groupes révolutionnaires ? La réponse est négative. La seule véritable ligne directrice observée fut celle des antagonismes, et cela a été compris. Un antagonisme entre les combats, parfois aux formes et aux tonalités extrêmes, visant à rendre la justice enfin accessible à tous, contradictoire et équitable, ce qui, somme toute, relève d'une éthique bourgeoise. Cet antagonisme découle du fait que ces idéaux, bien que classiques dans les discours officiels, se sont révélés novateurs et profondément perturbateurs lorsqu'ils ont été réellement intégrés à la pratique judiciaire. La crise de l'appareil judiciaire provient, en un sens, de la concrétisation du projet qu'elle revendique. Cette crise est perçue comme fondamentalement bénéfique, car elle conduit à une prise de conscience des réalités concrètes du système judiciaire. Il est désormais évident qu'il faut choisir entre modifier les discours ou transformer la réalité.