LA FIN DE LA VIE PRIVEE
Fiche technique
Résumé
En France, depuis le 1er juillet 1974, la confidentialité fiscale a disparu. De la même manière, les domaines médical, judiciaire et bancaire voient leur secret s'amenuiser. Les technologies de surveillance électronique sont désormais abouties, et les bases de données, de plus en plus fournies et précises. Grâce à l'informatique, toutes ces informations pourront bientôt être centralisées dans un fichier unique, rendant toute vie privée caduque. Si la protection de la collectivité contre ceux qui la menacent ou la dépouillent est légitime – qu'il s'agisse d'identifier les conspirateurs, d'évaluer la solvabilité des emprunteurs ou de connaître l'état de santé des bénéficiaires de soins gratuits – cette ingérence dans la sphère intime atteint des niveaux alarmants. Les avancées de l'électronique permettront bientôt à une poignée d'individus d'accéder à toutes les informations sur quiconque, de manière permanente, car la mémoire numérique est infaillible. Cette absence de pardon qu'implique la permanence des données menace la vie sociale elle-même. Giscard d'Estaing en a pris conscience en demandant l'élaboration d'un code des libertés individuelles. Gérald Messadié, en tant que rédacteur en chef de Science et Vie, a étudié cette question aux États-Unis, où le problème est apparu une décennie plus tôt. Il expose des faits troublants sur l'avenir des Français, à moins que le gouvernement n'instaure rapidement un nouveau droit garantissant à chaque individu la propriété de ses informations personnelles, empêchant ainsi leur utilisation sans consentement.