La révolte des CANUTS 1831-1834
Fiche technique
Résumé
Les insurrections lyonnaises ont marqué l'histoire sociale française, leur importance étant même soulignée par une chanson d'Aristide Bruant écrite des décennies après. En 1831, des dizaines de milliers de tisserands (Canuts), sans structure organisée et répartis dans de multiples ateliers, se soulèvent pour réclamer de meilleures conditions et parviennent à prendre le contrôle de Lyon. Des promesses vagues les incitent à abandonner leurs positions et à reprendre le travail, mais ces engagements restent lettre morte. Les ouvriers réalisent alors que le régime de Louis-Philippe, qu'ils avaient pourtant aidé à établir en 1830, est un allié des soyeux. Contournant l'interdiction légale des syndicats, ils s'organisent en associations. Le pouvoir, conscient de l'influence potentielle des travailleurs coalisés, tente en 1834 d'interdire ces regroupements. En réponse, une nouvelle insurrection éclate à Lyon, défendue par des ouvriers et des républicains. Cependant, l'État, ayant tiré les leçons de 1831, déploie des milliers de soldats pour une répression brutale et sanglante qui s'abat sur les quartiers populaires de la ville, un scénario qui se reproduira ailleurs en France durant le XIXe siècle. Ces soulèvements ont révélé l'antagonisme fondamental entre la bourgeoisie capitaliste et la classe ouvrière, deux classes en pleine émergence. Jacques Perdu, dans cet ouvrage publié pour le centenaire de l'insurrection de 1831, analyse leur contexte et leur déroulement en s'appuyant sur des témoignages d'époque.