L’antisémitisme sans juifs
Fiche technique
Résumé
Avant la Seconde Guerre mondiale, Varsovie ou Budapest comptaient à elles seules davantage de Juifs que l'ensemble de l'Europe de l'Est contemporaine, hormis l'Union Soviétique. À peine un dixième d'entre eux échappa à l'extermination nazie. Cependant, ces communautés réduites n'avaient pas fini de souffrir : sur les 700 000 survivants de 1945, près des trois quarts ont depuis quitté leur patrie. L'antisémitisme, dissimulé derrière l'antisionisme, a perduré après le génocide, non seulement durant la période stalinienne, mais jusqu'à présent. La Pologne illustre bien ce phénomène : des 30 000 Juifs ayant survécu (d'une population initiale de 3,5 millions), 20 000 sont partis après la guerre, et un nombre similaire depuis la grande campagne "antisioniste" de la fin de l'ère Gomulka (1968-1969). Le livre de Lendvai explore ces nouvelles manifestations d'une tradition de persécution ancienne et douloureuse, avec une rigueur et une richesse d'information remarquables.