Le grand deal de l’opium : Histoire du marché légal des drogues
Fiche technique
Résumé
Cet ouvrage aborde la problématique des stupéfiants et des substances illicites, un sujet ancien aux dimensions sanitaires, morales et politiques, traditionnellement examiné par la biologie, la médecine ou les sciences humaines, mais ici présenté sous un angle entièrement novateur. L'auteur subvertit les approches conventionnelles en affirmant que les drogues ne sont pas tant prohibées que soumises à un contrôle strict. Contrairement à l'idée répandue, un commerce légal des stupéfiants existe bel et bien, mais il est nettement moins publicisé que le très médiatisé trafic illicite. Au fil des décennies, d'abord au sein de la Société des Nations puis des Nations Unies, des émissaires étatiques et des conglomérats pharmaceutiques ont édifié les cadres économiques et légaux de ce marché licite, lequel s'est mué en un authentique oligopole mondial. L'analyse révèle que ces acteurs n'ont pas tant cherché à éliminer le commerce illégal qu'à superviser et maîtriser le marché légal des psychotropes. La raison est simple : c'est là que réside le profit financier. Ce négoce licite alimente les établissements hospitaliers, les professionnels de la santé et les pharmacies, incarnant des enjeux économiques et sanitaires majeurs, âprement disputés par les États et les géants pharmaceutiques. Tout au long du XXe siècle, une véritable confrontation diplomatique a orchestré ce marché global, au bénéfice d'un cercle restreint d'intervenants. La troisième guerre de l'opium, selon l'auteur, est déjà advenue. Elle a désigné ses protagonistes victorieux : les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Inde, la France et leurs industries pharmaceutiques, qui détiennent un quasi-monopole sur la commercialisation autorisée des opiacés. La lecture de ce livre reconfigure intégralement les perceptions communes concernant les stratégies de lutte contre le trafic de drogues et les politiques de santé publique.