Le sauvage et l’ordinateur
Fiche technique
Résumé
Jean-Marie Domenach propose une analyse critique des courants culturels contemporains, confrontant deux logiques apparemment opposées : l'établissement de systèmes rigides et la soif illimitée de liberté et de désirs. L'ouvrage explore comment cette culture parvient à faire coexister la quête de libération instinctive, chère à Marcuse, avec la rigueur structurale de Lévi-Strauss, ou l'intense effervescence intellectuelle de Deleuze et Guattari avec la sémiologie marxiste d'Althusser. Cette synthèse paradoxale s'expliquerait par un dénominateur commun : un « Moi » qui, une fois les références transcendantes écartées, aurait pris une ampleur démesurée. Ce « Moi » insatiable, au cœur des concepts d'aliénation et du discours marcusien sur le bonheur, se retrouve finalement incapable de vouloir, d'agir ou d'exister pleinement, n'ayant plus qu'une indépendance de façade. L'auteur suggère que l'instinct de peur pourrait bien être le véritable moteur de ces constructions idéales, la peur d'avoir à faire face à l'interrogation fondamentale : « que faire et au nom de quoi ? ».