Les nationalisations… à quel prix? pour quoi faire?
Fiche technique
Résumé
L'enjeu des nationalisations se trouve au cœur des discussions politiques, tant entre la Majorité et la Gauche qu'au sein même des formations de Gauche. Du point de vue de l'économiste, ce processus soulève deux questions fondamentales. Premièrement, quel est l'objectif de ces nationalisations ? Bien que la volonté de progresser vers le socialisme soit évidente, cette approche risque de générer une profonde déception. Plutôt qu'un avantage collectif via l'impôt sur les profits et les dividendes des entreprises capitalistes, les citoyens verront ces bénéfices s'évanouir. Les entreprises publiques, étonnamment, sont moins contrôlées que leurs homologues privées. Des analyses des performances des sociétés nationales existantes (comme Renault, EDF) et des rapports des commissions de contrôle montrent que les profits des entreprises privées se transforment en une hausse des coûts, due à la soif de pouvoir des dirigeants, à une quête de perfection technologique et à des bénéfices exclusifs pour les employés. Deuxièmement, quel est le coût réel de ces nationalisations ? Le rachat des actifs est estimé à cinquante-cinq milliards. En considérant la diminution des bénéfices des sociétés privées une fois nationalisées, le financement par emprunt engendrerait un coût de neuf milliards sur vingt ans, ce qui équivaut à une hausse de 18 % de l'impôt sur le revenu des particuliers.