Les patrons
Fiche technique
Résumé
Les Français manifestent une réticence envers les 'patrons' en général, mais affichent une certaine bienveillance envers les leurs, selon un récent sondage. D'un côté, le patronat est perçu comme une entité nuisible, dont l'égoïsme quasi diabolique représente un vice ancestral, condamné par les doctrines catholique et marxiste. De l'autre, le patron est souvent vu comme une personne 'responsable', dotée d'un 'esprit d'entreprise', dont l'existence est justifiée par la nécessité économique. Mais de qui parle-t-on exactement ? Est-ce le 'dynaste' comme Ferdinand Béghin, dont la famille domine le secteur sucrier depuis 1820 ? Le 'manager' qui, loin de renier la lutte des classes, conçoit la gestion comme une science et n'hésiterait pas devant la nationalisation ? Ou le fonctionnaire 'reconverti' dans le privé, qui critique l'interventionnisme étatique ? Le 'créateur' de génie ayant trouvé un créneau technologique ? Ou le 'tyran' dont l'entreprise est le terrain de jeu de sa soif de pouvoir ? Ou le dirigeant de PME submergé par des régulations, surveillé puis abandonné par sa banque, qui rêve, comme Poujade autrefois, de 'tout faire sauter' ? Leur leitmotiv commun est : 'Coincés entre l'État et les syndicats, que pouvons-nous faire ? Si nous réussissons, nous sommes des exploiteurs ; si nous échouons, nous sommes des incapables doublés de salauds.' Face aux répercussions de la 'crise' et à la perspective d'une victoire électorale de la gauche, les patrons français ont beaucoup à exprimer. Cet ouvrage, fruit du travail de deux enquêteurs de renom, connus pour 'Voyage à l'intérieur du Parti communiste' et d'autres productions, se présente comme un document historique, une analyse économique, un ensemble de récits de vie, une étude sociologique de l'industrie, et une évaluation de l'état des entreprises françaises à l'ère de profonds changements. C'est également, à travers les destins entrelacés qu'il dépeint, un roman captivant de notre temps.