Mes mémoires
Fiche technique
Résumé
Les mémoires de Jeanne Bouvier nous plongent dans son enfance marquée par une pauvreté extrême. Dès l'âge de onze ans, en 1876, alors qu'elle travaillait dans une soierie, elle décida de lutter contre l'injustice sociale, et cet engagement syndical devint le fil conducteur de son existence. À travers son récit, on découvre un quart de siècle de syndicalisme au sein de la CGT, avec ses divergences personnelles et idéologiques, des aspects souvent peu traités dans les annales des organisations ouvrières. Ces souvenirs d'une militante syndicale — qui occupait des postes de responsabilité au sein de la Fédération de l'habillement — sont primordiaux pour saisir les dynamiques socio-politiques de notre époque. Jeanne Bouvier critiquait particulièrement l'indifférence des leaders syndicaux de son temps envers l'établissement d'un système de protection sociale (incluant les retraites et l'assurance maladie) et le militantisme des femmes. Pour cette féministe animée par une éthique de bienveillance et s'opposant constamment au sectarisme masculin, la forme de la protection sociale ne doit pas être dictée par la politique, mais par son objectif : la protection des travailleurs. Seule cette protection peut révéler la justesse des choix politiques. Les cadres de la CGT ont cherché à l'écarter, et il est fort probable que ses propos résonnent encore aujourd'hui pour en bousculer plus d'un.