SCUM PREMIER MANIFESTE DE LA LIBERATION DES FEMMES
Fiche technique
Résumé
Le sigle S.C.U.M., pour « Society for Cutting Up Men », désigne une société visant à l'émancipation des hommes. Ce terme évoque également l'écume, le rebut, le sous-produit d'une société entièrement bâtie par et pour les hommes. Cet ouvrage dépeint l'homme jetant la femme au rebut après l'avoir exploitée, la plaçant sur un « piédestal » pour en faire une « Mère honorée » (machine à procréer), une « Épouse respectée » (main-d'œuvre non rémunérée), une « Vénus adorée » (objet de désir), ou encore une esclave trompée. Il la rejette sous prétexte qu'elle le « souille » en le renvoyant à ses propres désirs et besoins. L'esclavage avilit celui qui asservit. Mais de ce dépotoir, de ce creuset, une nouvelle culture émerge : celle des femmes transformées. Le manifeste S.C.U.M. est l'expression du mépris total que Valérie Solanas porte aux hommes. Sa violence est une réplique à la violence subie. Bien avant que Kate Millett ne formule la théorie de la politique sexuelle masculine, Valérie Solanas l'avait déjà dénoncée avec une force viscérale. À la différence de Betty Friedan, elle ne s'attaque pas seulement aux structures, mais aux hommes eux-mêmes qui les incarnent, avec une féroce intensité. Rédigé en 1967, alors que le mouvement féministe connaissait une recrudescence aux États-Unis, le Manifeste S.C.U.M. est un marqueur historique, le signe de l'éveil et de la mobilisation des femmes. Ce mouvement rassemble des femmes de presque toutes les nations, luttant de diverses manières pour se révéler enfin à elles-mêmes, et elles dénoncent les hommes pour ce qu'ils sont : les principaux responsables de cette société patriarcale, hiérarchisée, compétitive, exploitatrice et impérialiste.