Une Histoire Intellectuelle et Politique du Sionisme 1860-1940
Fiche technique
Résumé
L'adjectif « Sioniste » résonne fréquemment comme une insulte. Le terme est actuellement tellement déprécié que la réalité qu'il recouvre a presque disparu sous les couches de la stigmatisation, voire de la diabolisation. Face à l'authentique nature d'une foi et d'une culture, le discours antisémite a répliqué par des fantasmes terrifiants, noyant sous la peur toute possibilité de connaissance. Devant une idéologie et un mouvement national atypiques par essence, le rejet se manifeste par un blâme si sévère qu'il est devenu difficile, de nos jours, de déterminer quelles furent les conditions initiales de l'émergence du sionisme, son terrain fertile et la pluralité de ses significations. Confronté à toutes les dimensions de la modernité politique, notamment aux questions de la nation, de la laïcité, de l'utopie sociale et de la culture, le sionisme, bien au-delà des seuls Juifs, contribue à soulever les questions fondamentales du XXe siècle.
Qu'en est-il des liens entre la langue et la nation, le peuple et le territoire ? Que devient une foi nationale au sein du processus général de sécularisation ? Quelles sont les manifestations culturelles du politique dans les sociétés de masse où le mouvement national juif a pris son envol il y a plus d'un siècle ? Ces interrogations cruciales ont été occultées par la focalisation sur le conflit judéo-arabe. En paraphrasant Marc Bloch, nous pourrions adresser aux acteurs contemporains cette supplique : « Sionistes, antisionistes, de grâce, expliquez-nous ce que fut le sionisme ! »